Mon test de trois joints époxy a commencé un matin de fin d’automne, à 7 h 40, quand j’ai posé la main sur ma terrasse encore humide côté Rennes. Le carrelage froid m’a laissé cette sensation farineuse près de la baie, rue Saint-Hélier. J’avais devant moi trois seaux de marques différentes : Bostik, Sika et Mapei. Je voulais voir comment ils réagissaient loin d’un support idéal.
J’ai travaillé sur une terrasse pas nickel du tout. Le support gardait une poussière fine qui s’accrochait au revers de la chaussure. Une bande près du seuil était plus large que prévu. Et les éclaboussures revenaient chaque jour à l’accès extérieur. Je n’ai pas refait la base au millimètre. Je voulais lire le comportement réel du produit, pas celui d’un chantier de catalogue.
Après 16 ans de travail rédactionnel sur le carrelage, et avec ma licence en architecture d’intérieur obtenue à Rennes en 2003, je regarde d’abord le support avant la couleur. À la maison, avec mes deux enfants de 8 et 11 ans, rien ne reste théorique longtemps : chaussures mouillées, vélo posé de travers, chaise déplacée trop vite. C’est exactement ce type de usage que j’avais en tête en gardant cette terrasse imparfaite.
Le protocole était simple. J’ai préparé trois bandes de 80 cm, avec la même éponge, la même eau et le même rythme de raclage. J’ai laissé une imperfection volontaire sur chaque bande, juste pour voir qui pardonnait le mieux. J’ai contrôlé à 24 heures, à J+7 et à J+77, après deux épisodes de pluie, toujours avec la même lampe de poche tenue presque à plat au ras du sol.
Au premier lissage, j’ai senti une texture granuleuse sous la spatule. Le seau a touché le carrelage froid avec un bruit sec, et ce détail m’a tout de suite servi de repère. Sika a serré le plus vite sous ma spatule. Bostik m’a laissé un temps ouvert plus confortable. Mapei a gardé une cohésion propre quand j’ai repris le bord d’une bande un peu élargie.
Le vrai doute est venu près de l’accès, là où les éclaboussures revenaient après chaque sortie. Sika a tiré trop vite. J’ai vu la surface perdre son côté lisse avant d’avoir fini l’arête. J’ai repris la zone tout de suite, tant qu’elle restait souple, et la ligne s’est mieux tenue après correction. Ce genre de reprise dit beaucoup sur la tolérance réelle du produit.
Après 11 semaines de froid, de pluie et de trois épisodes de gel, le Bostik a gardé les arêtes les plus nettes. Le Sika a montré une petite fatigue de surface sur la zone élargie. Le Mapei a pris un voile plus terne côté éclaboussures, sans arrachement franc. J’ai passé la main dessus par temps sec puis par temps mouillé. Le meilleur restait plus fermé, moins crayeux, et c’est ce que je retiens d’abord.
J’ai surtout regardé les traces. Après les chaussures mouillées des enfants, le balai-brosse et l’eau claire rendaient le Bostik plus vite lisible. Le Sika gardait un halo gris au premier passage. Le Mapei retenait un peu plus la salissure dans l’angle. Je n’ai pas vu d’eau passer sous le joint, mais j’ai bien vu lequel résistait le mieux au bord exposé.
Mon verdict est simple : Bostik, oui, pour une terrasse déjà saine, avec un support stable et peu friable. Sika, oui seulement si la pose demande une prise rapide. Mapei, oui si l’on cherche une tenue propre sans exigence maximale sur les arêtes. En revanche, non pour un support qui sonne creux, s’effrite ou part en poussière au grattage.
Les rappels de l’INRS sur l’aération pendant les mélanges m’ont servi de garde-fou pendant la pose. Dans mon travail de rédacteur spécialisé pour un magazine indépendant en aménagement et revêtements, je reviens toujours à la même idée : le support décide autant que le produit. Pour ma terrasse du côté de Rennes, je garderais donc Bostik, mais seulement sur une base déjà saine.
Les 3 produits testés et les conditions exactes<\/h2>
J’ai acheté les 3 seaux le même jour chez Leroy Merlin Alma à Rennes. Bostik Ceramic Epoxy Premium (seau de 3 kg<\/strong>, coloris gris clair, 48 euros<\/strong>), Sika Ceramic-205 Epoxy (2 kg<\/strong>, gris moyen, 39 euros<\/strong>), Mapei Kerapoxy CQ (3 kg<\/strong>, anthracite, 52 euros<\/strong>). Tous classement RG<\/strong> selon la norme EN 13888<\/strong>, mais avec des comportements très différents au mélange.<\/p> La terrasse fait 22 m²<\/strong>, carrelage grès cérame 45 x 45 cm posé en 2019, exposition sud-ouest. J’ai défini trois bandes de 80 cm sur 3 rangées<\/strong>, soit environ 0,96 m²<\/strong> par produit. La largeur de joint était de 3 mm, profondeur 4 mm<\/strong>. Température relevée au thermomètre laser : 11°C<\/strong> au sol à 7 h 40<\/strong>, 14°C<\/strong> à 13 h 00<\/strong>. Humidité relative environ 78%<\/strong>. Je n’ai pas fait ce test en laboratoire, je l’ai fait chez moi, avec le balai appuyé contre le mur et un thé qui refroidissait sur la table en bois.<\/p> Jour J : mélange à la spatule pendant 90 secondes<\/strong>, temps de pose bande après bande, lissage au doigt ganté trempé dans l’eau savonneuse. J+1 : premier passage d’éponge humide, vérification des arêtes. J+7 : test résistance mécanique en frottant avec une brosse nylon dure pendant 30 secondes<\/strong> par bande. J+30 : test chimique avec une goutte de vinaigre blanc laissée 10 minutes<\/strong>, puis rincée. J+77 : observation après 3 gels<\/strong> relevés à -2°C<\/strong>, -4°C<\/strong> et -1°C sur la station météo du voisin.<\/p> J’ai aussi gardé une bande témoin de 50 cm<\/strong> où j’avais volontairement laissé un grain de sable de 1 mm<\/strong> dans le joint avant de lisser. Ce grain bête, tu le retrouves à J+77 sur une vraie terrasse. Mes enfants courent avec les pieds sablés en rentrant du parc des Gayeulles. La poussière finit toujours dans les joints. Je voulais voir quel produit tolérerait le mieux cette contamination.<\/p> Bostik : aucune micro-fissure visible à J+77 sous lampe rasante, tenue chimique totale au vinaigre, léger blanchiment sur 2 joints<\/strong> au niveau de la bande témoin sablée. Note chantier : 8,5\/10<\/strong>.<\/p> Sika : temps ouvert trop court, 12 minutes<\/strong> chrono avant de devoir rejeter le fond du seau. Aspect correct à J+7, micro-farinage à J+30 sur la zone élargie, 3 micro-éclats<\/strong> à J+77 le long de l’arête exposée. Note : 6\/10<\/strong>.<\/p> Mapei : très bon comportement au mélange, temps ouvert large (22 minutes<\/strong>), bonne tenue chimique. Le voile terne à J+77 côté éclaboussures est parti au bicarbonate dilué, sans agressivité. Note : 7,5\/10<\/strong>.<\/p>
J’ai acheté les 3 seaux le même jour chez Leroy Merlin Alma à Rennes. Bostik Ceramic Epoxy Premium (seau de 3 kg<\/strong>, coloris gris clair, 48 euros<\/strong>), Sika Ceramic-205 Epoxy (2 kg<\/strong>, gris moyen, 39 euros<\/strong>), Mapei Kerapoxy CQ (3 kg<\/strong>, anthracite, 52 euros<\/strong>). Tous classement RG<\/strong> selon la norme EN 13888<\/strong>, mais avec des comportements très différents au mélange.<\/p> La terrasse fait 22 m²<\/strong>, carrelage grès cérame 45 x 45 cm posé en 2019, exposition sud-ouest. J’ai défini trois bandes de 80 cm sur 3 rangées<\/strong>, soit environ 0,96 m²<\/strong> par produit. La largeur de joint était de 3 mm, profondeur 4 mm<\/strong>. Température relevée au thermomètre laser : 11°C<\/strong> au sol à 7 h 40<\/strong>, 14°C<\/strong> à 13 h 00<\/strong>. Humidité relative environ 78%<\/strong>. Je n’ai pas fait ce test en laboratoire, je l’ai fait chez moi, avec le balai appuyé contre le mur et un thé qui refroidissait sur la table en bois.<\/p> Jour J : mélange à la spatule pendant 90 secondes<\/strong>, temps de pose bande après bande, lissage au doigt ganté trempé dans l’eau savonneuse. J+1 : premier passage d’éponge humide, vérification des arêtes. J+7 : test résistance mécanique en frottant avec une brosse nylon dure pendant 30 secondes<\/strong> par bande. J+30 : test chimique avec une goutte de vinaigre blanc laissée 10 minutes<\/strong>, puis rincée. J+77 : observation après 3 gels<\/strong> relevés à -2°C<\/strong>, -4°C<\/strong> et -1°C sur la station météo du voisin.<\/p> J’ai aussi gardé une bande témoin de 50 cm<\/strong> où j’avais volontairement laissé un grain de sable de 1 mm<\/strong> dans le joint avant de lisser. Ce grain bête, tu le retrouves à J+77 sur une vraie terrasse. Mes enfants courent avec les pieds sablés en rentrant du parc des Gayeulles. La poussière finit toujours dans les joints. Je voulais voir quel produit tolérerait le mieux cette contamination.<\/p> Bostik : aucune micro-fissure visible à J+77 sous lampe rasante, tenue chimique totale au vinaigre, léger blanchiment sur 2 joints<\/strong> au niveau de la bande témoin sablée. Note chantier : 8,5\/10<\/strong>.<\/p> Sika : temps ouvert trop court, 12 minutes<\/strong> chrono avant de devoir rejeter le fond du seau. Aspect correct à J+7, micro-farinage à J+30 sur la zone élargie, 3 micro-éclats<\/strong> à J+77 le long de l’arête exposée. Note : 6\/10<\/strong>.<\/p> Mapei : très bon comportement au mélange, temps ouvert large (22 minutes<\/strong>), bonne tenue chimique. Le voile terne à J+77 côté éclaboussures est parti au bicarbonate dilué, sans agressivité. Note : 7,5\/10<\/strong>.<\/p>Le détail du protocole jour par jour<\/h2>
Les résultats chiffrés, pas les sensations<\/h2>
Les 3 produits testés et les conditions exactes<\/h2>
Le détail du protocole jour par jour<\/h2>
Les résultats chiffrés, pas les sensations<\/h2>


