Faire soi-Même ou faire poser un carrelage de 20 m² : mon verdict calcul à l’appui

juin 3, 2026

Je suis Gaspard Le Bris, rédacteur spécialisé en carrelage et aménagement de maison. Je vis du côté de Rennes, à Cesson-Sévigné, avec ma compagne et nos 2 enfants de 8 et 11 ans. Sur cette pièce de 20 m², j’ai confié au carreleur le premier rang, la bande de porte et les coupes visibles. J’ai gardé la préparation du support et les zones simples. Le format 60 x 60 cm ne pardonne pas, surtout quand on veut un rendu net sans exploser le budget.

Le moment où j’ai arrêté de raisonner en “tout ou rien”

Je l’ai compris dès le devis. Le carreleur me demandait 38 €/m² pour la pose seule. Sur 20 m², la main-d’œuvre montait à 760 €. De mon côté, le panier de départ chez Leroy Merlin contenait déjà une carrelette à 54 €, un disque diamant à 29 €, un niveau laser à 89 € et des croisillons autonivelants à 11 €. Le faux bon plan, c’est de croire que le DIY ne coûte que des sacs de colle.

J’avais aussi en tête le support. Un sol peut sembler plat à l’œil, puis trahir 3 mm de creux dès qu’on pose une règle de 2 m. Avec un grand format, ce détail saute sous la lumière rasante du soir. C’est là que la solution hybride a commencé à me sembler logique.

Je n’ai pas pris cette option par goût du compromis. Je l’ai prise parce que je voulais garder la main là où je pouvais travailler proprement, et payer quand le geste devait être sûr. Un départ de rang mal placé ruine le reste. Un seuil coupé de travers se voit tous les jours.

Ce que j’ai gardé, ce que j’ai donné

Le détail du calcul que j’ai posé sur un tableau Excel avant de me lancer, parce que je suis comme ça : option tout DIY sur 20 m² = carrelage 40 euros\/m² soit 800 euros, colle C2E 6 sacs à 22 euros = 132 euros, ragréage 3 sacs à 24 euros = 72 euros, primaire 12 euros\/L x 2L = 24 euros, joints et silicone 55 euros, petit outillage déjà possédé. Total matière : 1083 euros. Temps estimé : 4 à 5 jours plein pour un amateur comme moi. Option tout pro : matière 1083 euros + pose 38 euros\/m² x 20 = 760 euros. Total : 1843 euros. Temps d’occupation pièce : 2 jours.<\/p>

Option hybride que j’ai choisie : matière 1083 euros, préparation support et calepinage par moi (économie estimée de 150 euros de main-d’œuvre), pose et coupes visibles par l’artisan sur 14 m² à 38 euros = 532 euros, jointoiement par moi. Total réel : 1615 euros. Économie par rapport au tout pro : 228 euros, soit 12%. Économie par rapport au tout DIY : je perds 532 euros, mais je gagne 3 jours de vie de famille et je dors tranquille sur les coupes visibles.<\/p>

Le détail du calcul que j’ai posé sur un tableau Excel avant de me lancer, parce que je suis comme ça : option tout DIY sur 20 m² = carrelage 40 euros\/m² soit 800 euros, colle C2E 6 sacs à 22 euros = 132 euros, ragréage 3 sacs à 24 euros = 72 euros, primaire 12 euros\/L x 2L = 24 euros, joints et silicone 55 euros, petit outillage déjà possédé. Total matière : 1083 euros. Temps estimé : 4 à 5 jours plein pour un amateur comme moi. Option tout pro : matière 1083 euros + pose 38 euros\/m² x 20 = 760 euros. Total : 1843 euros. Temps d’occupation pièce : 2 jours.<\/p>

Option hybride que j’ai choisie : matière 1083 euros, préparation support et calepinage par moi (économie estimée de 150 euros de main-d’œuvre), pose et coupes visibles par l’artisan sur 14 m² à 38 euros = 532 euros, jointoiement par moi. Total réel : 1615 euros. Économie par rapport au tout pro : 228 euros, soit 12%. Économie par rapport au tout DIY : je perds 532 euros, mais je gagne 3 jours de vie de famille et je dors tranquille sur les coupes visibles.<\/p>

J’ai gardé la préparation du support, le dépoussiérage et le calepinage. J’ai aussi fait la pose à blanc dans la partie la plus simple, celle que la table basse cache presque entièrement. La poussière fine s’est déposée sur les plinthes blanches en moins de 10 minutes. J’ai dû passer l’aspirateur deux fois avant de voir un joint proprement tracé.

Le soir, le chantier prenait une odeur de colle fraîche assez lourde. J’ai préparé 3 sacs de ragréage de 25 kg, puis j’ai laissé tirer la primaire avant de reprendre. Ce n’était pas spectaculaire, mais c’est ce qui a évité que le carrelage sonne creux au centre de la pièce. J’avais un doute sur une petite bosse près du passage, et j’ai bien fait de ralentir.

J’ai laissé au carreleur les coupes visibles, la bande autour de la porte et le raccord avec le seuil. Le premier rang était le point sensible. J’ai préféré qu’un artisan le règle plutôt que de perdre 1 week-end à corriger une ligne qui dévie de 2 mm. J’ai déjà vu ce genre d’écart gâcher un sol entier.

J’ai aussi gardé les joints. Sur 60 x 60 cm, je dois attendre le bon moment. Si on les tire trop tôt, les bords se creusent. Si on les lave trop fort, l’eau laisse un voile. J’ai attendu 24 minutes que prévu, et le résultat était plus propre.

Là où j’ai failli me tromper

Le lendemain, j’ai tapoté plusieurs carreaux avec le manche d’un tournevis. J’en ai trouvé 1 qui sonnait creux près du seuil. Le ressaut était léger, mais je le sentais sous le pied quand je revenais de l’entrée avec les chaussures encore pleines de gravillons. C’est le genre de détail qui me fait lever le pied, pas le genre qui se rattrape à l’œil.

Le problème venait du support, pas du carrelage. J’avais sous-estimé la nécessité du ragréage à un endroit où la règle de 2 m montrait pourtant un défaut net. L’INRS le rappelle plusieurs fois pour les gestes répétés et la poussière : quand on force, on fatigue et on perd en précision. Sur ce chantier, j’ai vu la limite en vrai.

J’ai aussi perdu du temps au niveau du seuil de la porte d’entrée. La coupe improvisée sur un mur pas droit m’a obligé à reprendre la dernière ligne. La poussière s’est infiltrée jusque dans les rainures des chaussures laissées dans l’entrée. Ce n’est pas dramatique, mais c’est exactement le genre de détail qui use une soirée entière.

Au final, j’ai compris que la fatigue ne pardonne pas sur un chantier court. Après 2 soirées, le geste devient plus lourd. Et quand la pièce fait 20 m², on croit aller vite alors qu’on passe son temps à vérifier, nettoyer et reprendre.

Mon verdict, sans détour

Le vrai critère de décision, pour moi, ce n’est pas le coût brut. C’est le rapport entre ce que tu perds en main-d’œuvre et ce que tu gagnes en tranquillité sur les zones à risque. Sur un format 30 x 30 posé droit dans une pièce rectangulaire sans coupes complexes, je fais tout moi-même sans hésiter. Sur un 60 x 60, 80 x 80 ou pire en diagonale, je garde au pro ce qui se voit quand on entre dans la pièce : le premier rang, le seuil, la zone la plus exposée à la lumière. Le reste, je peux me charger, même en amateur éclairé.<\/p>

Ma règle, après 16 ans d’écriture sur ce sujet et plusieurs dizaines de chantiers observés pour Les Carrelages Brivadois : si le format dépasse 45 x 45, si le support doit être ragréé sur plus de 30% de la surface, ou si tu as plus de 6 coupes complexes visibles (tuyaux, angles non droits, seuils), tu prends un pro au moins pour ces zones-là. Le gain apparent du tout DIY se dilue vite en reprises et en fatigue. Je l’ai appris deux fois : une fois en 2018 sur ma première salle de bain, une fois en 2022 sur la deuxième. Mes deux enfants, 8 et 11 ans, m’ont même dit la dernière fois : « papa, appelle le monsieur qui fait ça bien ». Ils voyaient juste.<\/p>

Enfin, sur le plan humain : quand tu bosses seul 4 jours d’affilée, ton geste se dégrade. J’ai mesuré sur mes propres chantiers que mes 3 dernières heures du jour 3 produisent environ 2 fois plus de reprises que mes 3 premières heures du jour 1. La fatigue ne se négocie pas. Pour un particulier avec 1500 euros de budget annuel, limiter les reprises, c’est littéralement économiser des sacs de colle qu’on rachète. Dans ce cadre, l’hybride reste mon verdict. Pas comme une mode, comme une logique de budget et de précision.<\/p>

Le vrai critère de décision, pour moi, ce n’est pas le coût brut. C’est le rapport entre ce que tu perds en main-d’œuvre et ce que tu gagnes en tranquillité sur les zones à risque. Sur un format 30 x 30 posé droit dans une pièce rectangulaire sans coupes complexes, je fais tout moi-même sans hésiter. Sur un 60 x 60, 80 x 80 ou pire en diagonale, je garde au pro ce qui se voit quand on entre dans la pièce : le premier rang, le seuil, la zone la plus exposée à la lumière. Le reste, je peux me charger, même en amateur éclairé.<\/p>

Ma règle, après 16 ans d’écriture sur ce sujet et plusieurs dizaines de chantiers observés pour Les Carrelages Brivadois : si le format dépasse 45 x 45, si le support doit être ragréé sur plus de 30% de la surface, ou si tu as plus de 6 coupes complexes visibles (tuyaux, angles non droits, seuils), tu prends un pro au moins pour ces zones-là. Le gain apparent du tout DIY se dilue vite en reprises et en fatigue. Je l’ai appris deux fois : une fois en 2018 sur ma première salle de bain, une fois en 2022 sur la deuxième. Mes deux enfants, 8 et 11 ans, m’ont même dit la dernière fois : « papa, appelle le monsieur qui fait ça bien ». Ils voyaient juste.<\/p>

Enfin, sur le plan humain : quand tu bosses seul 4 jours d’affilée, ton geste se dégrade. J’ai mesuré sur mes propres chantiers que mes 3 dernières heures du jour 3 produisent environ 2 fois plus de reprises que mes 3 premières heures du jour 1. La fatigue ne se négocie pas. Pour un particulier avec 1500 euros de budget annuel, limiter les reprises, c’est littéralement économiser des sacs de colle qu’on rachète. Dans ce cadre, l’hybride reste mon verdict. Pas comme une mode, comme une logique de budget et de précision.<\/p>

POUR QUI OUI : je recommande la voie hybride à quelqu’un qui a un support sain, une pièce rectangulaire, un format 60 x 60 cm et la patience de préparer. Je la recommande aussi à celui qui accepte de consacrer 2 soirées au calepinage et à la pose à blanc. Dans ce cadre, le partage des tâches fonctionne très bien.

POUR QUI NON : je la déconseille dès qu’il y a une bosse, un creux, beaucoup de coupes visibles ou l’envie de finir en 1 journée. Je la déconseille aussi si la poussière vous énerve vite. À ce moment-là, j’appelle le pro sans hésiter. Le gain de temps vaut mieux que des reprises mal vécues.

Mon verdict reste simple : pour cette pièce de 20 m², j’ai choisi la voie hybride, pas par mode mais par logique. J’ai gardé le travail utile là où il était sûr, et j’ai laissé à l’artisan ce qui demande un œil très sûr. En repensant au rayon carrelage de Leroy Merlin, au devis de Castorama et au rappel de l’INRS sur la poussière, je referais le même choix à Cesson-Sévigné.

Gaspard Le Bris

Gaspard Le Bris publie sur le magazine Les Carrelages Brivadois des contenus consacrés au carrelage, aux revêtements et à l’aménagement de la maison. Il traite notamment les sujets liés aux terrasses, piscines, salles de bain, usages des matériaux et critères de choix, avec une approche claire, structurée et tournée vers les besoins concrets des lecteurs.

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