Le premier seau a frappé le sol. L’eau a ralenti près de la bonde au lieu de filer. Dans ma salle d’eau à Cesson-Sévigné, du côté de Rennes, j’avais terminé la veille une douche italienne en mosaïque 2×2. L’odeur du ciment frais et du silicone sanitaire était encore là. Moi, Gaspard Le Bris, rédacteur spécialisé en carrelage et aménagement de maison, je pensais avoir bien tenu le chantier. Ma licence en architecture d’intérieur obtenue à Rennes en 2003 m’avait appris à regarder les volumes avant les finitions. Ce soir-là, j’écrivais aussi une note pour Les Carrelages Brivadois, un magazine indépendant.
J’étais fier de la pose, jusqu’au test à l’eau
Je m’étais lancé avec un niveau de bricolage honnête. Pas plus. Je voulais une douche compacte, propre, et un rendu net sans chantier interminable. Mon budget bricolage annuel ne dépasse pas 1 500 €. Avec mes deux enfants de 8 et 11 ans, je ne pouvais pas bloquer la salle de bain trop longtemps. J’avais aussi mes 16 ans de travail rédactionnel sur le carrelage en tête. Je pensais voir venir les pièges. J’étais trop confiant.
J’ai versé deux seaux de 10 litres, à quelques minutes d’intervalle. Le résultat a été le même. Le film d’eau est resté près de la bonde. La mosaïque était lisse, presque douce, mais elle trompait le toucher. L’eau traînait entre les petits carreaux. Elle ne partait pas franchement. À ce moment-là, j’ai compris que le souci venait aussi de la pente, pas seulement du jointoiement.
Les 3 jours prévus ont débordé
La mosaïque que j’avais choisie était du grès cérame émaillé 2 x 2 cm sur trame 30 x 30 cm, classement R10 B pour la douche. Épaisseur 6 mm. J’avais compté 16 plaques pour la zone de douche de 1,44 m², plus une boîte de rab. Bien m’en a pris : j’en ai consommé 18 plaques avec les reprises autour de la bonde et les coupes périphériques.<\/p>
La pente théorique visée : 1,5% vers la bonde centrale, soit 1,5 cm sur 1 mètre. Sur une zone de 1,20 m, je devais donc avoir environ 18 mm de dénivelé total. J’avais fait mon primaire d’accrochage la veille, puis un mortier de pente au ciment rapide. L’erreur a été de ne pas contrôler la pente avec un niveau digital tous les 20 cm, mais tous les 50 cm. Sur une mosaïque petite, cette approximation se paie cash. L’eau ne suit pas la règle de 2 mètres. Elle suit le point bas réel.<\/p>
J’ai aussi perdu 2 heures<\/strong> le deuxième jour à nettoyer la trame papier qui s’était collée au dos de certains carreaux. Quand tu poses une mosaïque papier-kraft, tu dois décoller le papier après pose. Si tu attends trop (plus de 45 minutes<\/strong> avec ma colle Mapei Kerabond), le papier se fibre et tu grattes carreau par carreau avec une éponge humide. Désormais, je privilégie les trames filet, même si c’est un peu plus cher.<\/p>
La mosaïque que j’avais choisie était du grès cérame émaillé 2 x 2 cm sur trame 30 x 30 cm, classement R10 B pour la douche. Épaisseur 6 mm. J’avais compté 16 plaques pour la zone de douche de 1,44 m², plus une boîte de rab. Bien m’en a pris : j’en ai consommé 18 plaques avec les reprises autour de la bonde et les coupes périphériques.<\/p> La pente théorique visée : 1,5% vers la bonde centrale, soit 1,5 cm sur 1 mètre. Sur une zone de 1,20 m, je devais donc avoir environ 18 mm de dénivelé total. J’avais fait mon primaire d’accrochage la veille, puis un mortier de pente au ciment rapide. L’erreur a été de ne pas contrôler la pente avec un niveau digital tous les 20 cm, mais tous les 50 cm. Sur une mosaïque petite, cette approximation se paie cash. L’eau ne suit pas la règle de 2 mètres. Elle suit le point bas réel.<\/p> J’ai aussi perdu 2 heures<\/strong> le deuxième jour à nettoyer la trame papier qui s’était collée au dos de certains carreaux. Quand tu poses une mosaïque papier-kraft, tu dois décoller le papier après pose. Si tu attends trop (plus de 45 minutes<\/strong> avec ma colle Mapei Kerabond), le papier se fibre et tu grattes carreau par carreau avec une éponge humide. Désormais, je privilégie les trames filet, même si c’est un peu plus cher.<\/p>
J’avais imaginé un chantier de 3 jours. En réalité, la préparation a pris le dessus. Le support n’était pas assez plat. J’ai repris la planéité avant de continuer, surtout autour de la bonde. La pièce a vite ressemblé à un chantier à moitié fermé. Les outils restaient contre la porte. Les serviettes et les brosses partaient dans le couloir. Avec deux enfants, ce désordre se voit tout de suite le matin. Les chaussures mouillées finissaient à côté du sèche-serviettes. La trame au dos des feuilles m’a rappelé un piège que je connais bien sur le papier. Si le support n’est pas net, les bandes se décalent vite. La ligne ondule dès la première plaque. J’ai vu aussi le moindre excès de colle remonter entre les carreaux. Ensuite, il durcit en voile, et le nettoyage devient pénible. Sur les coupes près de la bonde, j’ai dû travailler au chiffon et à la spatule fine. Une plaque a glissé de quelques millimètres quand la colle était encore fraîche. J’ai dû la déposer, gratter, puis recommencer. Le défaut se voyait surtout au bord de l’évacuation, là où la lumière restait accrochée. Le lendemain, j’ai revu le film d’eau. Il restait là où il n’aurait pas dû. J’ai repris le pourtour de la bonde, puis une zone courte de la pente. J’ai corrigé la pente à une petite partie sur la zone utile. J’ai aussi repris les angles au silicone sanitaire. Les jonctions rigides n’auraient pas tenu le même mouvement dans le temps. Là, j’ai compris pourquoi le CSTB insiste sur la justesse du support. Les notes de l’INRS que je consulte pour mes sujets de maison vont dans le même sens. Elles rappellent qu’un sol mal préparé finit toujours par se payer. J’ai refait le test après 24 h de séchage. Cette fois, l’eau a tracé un chemin net vers la bonde. La veille, elle s’arrêtait encore entre deux rangées de 2×2. J’ai senti la surface lire enfin la pente au lieu de la contredire. Le silence qui est venu après, je l’ai rarement senti aussi nettement sur un chantier de maison. L’odeur de ciment frais et de silicone sanitaire a aussi baissé au fil de la journée. Le jointoiement de la mosaïque a pris 3 heures<\/strong> pour 1,44 m². Tu lis bien. Une mosaïque 2 x 2, ça fait 625 carreaux par mètre carré, donc autant de joints croisés. J’ai utilisé un mortier CG2 WA hydrofuge gris perle, appliqué à la raclette caoutchouc en passes croisées, puis nettoyé au scotch-brite fin humide. Le rinçage a demandé 6 changements d’eau. Mon fils de 11 ans est passé me demander pourquoi je faisais la tête des jours de pluie. C’était à peu près ça.<\/p> Budget total de cette douche italienne 1,44 m² zone d’eau + 0,9 m² parois : mosaïque 124 euros, colle et primaire 45 euros, mortier de pente 28 euros, mortier de jointoiement et silicone sanitaire 32 euros, mastic PU pour la bonde 18 euros. Total 247 euros de consommables, pour une rénovation qui a duré 5 jours au lieu de 3. Rapporté au coût horaire d’un carreleur à 45 euros de l’heure, j’ai économisé 15 heures de main-d’oeuvre, soit 675 euros. Mais j’ai aussi perdu deux soirées, le week-end prévu à la plage de Saint-Malo, et j’ai acheté un genouillère en gel à 24 euros pour tenir la journée à plat ventre sur le receveur.<\/p>
Le jointoiement de la mosaïque a pris 3 heures<\/strong> pour 1,44 m². Tu lis bien. Une mosaïque 2 x 2, ça fait 625 carreaux par mètre carré, donc autant de joints croisés. J’ai utilisé un mortier CG2 WA hydrofuge gris perle, appliqué à la raclette caoutchouc en passes croisées, puis nettoyé au scotch-brite fin humide. Le rinçage a demandé 6 changements d’eau. Mon fils de 11 ans est passé me demander pourquoi je faisais la tête des jours de pluie. C’était à peu près ça.<\/p> Budget total de cette douche italienne 1,44 m² zone d’eau + 0,9 m² parois : mosaïque 124 euros, colle et primaire 45 euros, mortier de pente 28 euros, mortier de jointoiement et silicone sanitaire 32 euros, mastic PU pour la bonde 18 euros. Total 247 euros de consommables, pour une rénovation qui a duré 5 jours au lieu de 3. Rapporté au coût horaire d’un carreleur à 45 euros de l’heure, j’ai économisé 15 heures de main-d’oeuvre, soit 675 euros. Mais j’ai aussi perdu deux soirées, le week-end prévu à la plage de Saint-Malo, et j’ai acheté un genouillère en gel à 24 euros pour tenir la journée à plat ventre sur le receveur.<\/p>
Avec le recul, la mosaïque 2×2 ne m’a pas simplifié la vie. Elle a rendu le chantier plus exigeant sur la planéité, la pente et la patience. J’avais vu le petit format comme une manière de me faciliter les angles. En vrai, il m’a demandé plus de vigilance qu’un grand carreau. Les feuilles sur trame se décalent vite dès que le support manque de netteté. Et le petit format pardonne moins une bosse ou une reprise trop rapide. Quand j’ai recoupé mes notes avec les repères du CSTB, puis avec ceux de l’INRS, j’ai mieux compris pourquoi l’étanchéité autour de la bonde ne se négocie pas. Ma licence de 2003 et mes 16 ans d’écriture pour Les Carrelages Brivadois m’ont donné un œil, pas un passe-droit. Je reste un rédacteur qui regarde, compare, puis raconte ce qu’il voit. Pour un diagnostic précis, je laisse la place à un artisan qualifié, surtout si la pente ou la bonde me laissent un doute. Là, franchement, je n’en sais rien au-delà de ce que je vois. Je conseille la mosaïque 2×2 à quelqu’un qui accepte de passer du temps sur la préparation. Je la déconseille à celui qui veut un résultat rapide sans reprise de support. Je referais ce choix, mais seulement avec plus de temps pour le nettoyage après jointoiement et avec une attente de 24 h avant la première utilisation.J’ai repris la pente, parce que l’eau ne ment pas
Avec le recul, je sais ce que je ne voyais pas au départ


